Trou aux biches


Début de ma pause nocturne, appretez-vous à connaître l’horreur

Oui je sais c’est un mot galvaudé et trop souvent employé à tort alors disons que ça me fait une accroche facile pour cet article et qu’il faut le comprendre entre guillemets et sans majuscules. En fait, le vocable le plus approprié se serait situé entre déception et gâchis. Le fait est que je ne me serais pas vu faire un voyage de 10000 km pour attendre l’élaboration de ma pizza hut du midi sous un auvent de supermarché.

 

la rotonde de restauration

la rotonde de restauration

Pizza hut, tasty corner snack & take away, karaye panini,mekong halal et KFC, la rotonde de la galerie marchande est pleine. À divers titres. De junk food, de musique de supermarché anonyme et assourdissante, et de monde. C’est la raison pour laquelle le quart d’heure d’attente de la pizza se passe dehors. À la chaleur certes mais à l’ombre, assis et dans un volume sonore qui en comparaison semble silence. L’occasion de demander à un autochtone pourquoi en suivant la route des hôpitaux qui devait nous amener sur des jolies routes côtières on s’est retrouvé dans les faubourgs industriels de la capitale dans lesquels, au lieu des terrasses de bord de plage désirées on ne trouve pour se restaurer que des «take away» miteux visiblement pas destinés à charmer le touriste.

Il est gentil le monsieur. Donne quelques explications, puis propose de nous accompagner. Ah. Non merci ma pizza est prête. C’est pas juste le coup d’être suspicieux, mais si on a loué une voiture plutôt que de prendre un taxi à la journée c’est aussi pour ne pas avoir à se colletiner quelqu’un qui nous «conseillera» de nous arrêter ici plutôt que là et qui nous suivra comme une ombre pour partager ce qui n’est pas ses vacances.

Galerie bondée

Galerie bondée

Galerie marchande toujours aussi pleine. Pour un dimanche lendemain de Noël c’est assez surprenant pour moi qui fuis Vélizy 2. Les pizzas sont aussi anonymes que partout dans le monde mais heureusement, à l’heure.

Mondialisation

Mondialisation

La dernière fois que j’avais commandé Pizza Hut, c’était peu après qu’ils aient racheté Spizza 30. Demi-heure de retard et l’estomac dans les chaussettes. Et contrairement à l’habitude, au lieu de me faire un rabais sur le prix le livreur me propose un rabais sur mon prochain achat. J’appelle la boutique où le manager me répond que maintenant c’est comme ça suite au rachat. Il trouvait normal que, déçu par sa prestation, j’accepte un rabais pour y recourrir à l’avenir. Le livreur est reparti avec ses pizzas mais sans mon argent. Ça fait plus de 15 ans. J’ai la rancune tenace et soit je suis un mauvais client, soit je devrais être sélectionné pour faire partie d’un pannel histoire de faire comprendre que le con-sommateur c’est pas juste un gogo qui paye l’addition.

Comme chez nous

Comme chez nous

Pizza conforme à elle-même, face aux vestiges de volcan avec le parking au premier plan. L’alizé empêche d’utiliser les gobelets en plastique. Ado un peu décu que sa commande de pâte «classic» ait été interprétée en «pan pizza» mais au moins il n’y avait pas de trottoir. Son verdict ? «Très américain comme goût». Ça tombe bien c’était le but marketing. C’est un vrai métier, je trouver, d’arriver à typer un produit de manière à ce que même quelqu’un qui n’en a qu’une image évasive et partielle arrive à le localiser immédiatement.

Le suivi des indications de notre trop serviable autochtone nous fait prendre la route des hopitaux, à l’envers. Hopital pimpant spécialisé en chirurgie cardiaque mais aussi cliniques en tout genre : chirurgie esthétique, implants capillaires, etc. Être membre du commonwealth sous les tropiques permet de se positionner pour tirer parti des carences du système de santé britannique.

Revenus au rond-point de départ du matin la première route amène à une sucrerie très fleurie mais fermée. Ah il y en a pour qui c’est dimanche quand même. La suivante fait zig-zaguer au milieu des champs de canne à sucre pour amener enfin à Trou aux biches. Terminus. Enfin, le temps de trouver une place.

C’est là qu’on apprécie d’avoir une loi littoral chez nous : tout le front de mer est bétonné. Oh, pas de grands ensembles ni de resorts extensifs mais un côté de la route n’est que restaus (enfin) et boutiques de plage alors que côté mer ce ne sont que villas à perte de rue ne laissant aucun accès à la mer sauf sur la plage publique, bondée et impossible à garer. Finalement refuge est trouvé face à la pharmacie, vide car elle est fermée . Ici c’est comme chez nous comme quoi il n’y a pas que Pizza hut comme constante universelle : le dimanche, tu peux crever.

trou aux biches

trou aux biches

Trou aux biches, jolie plage. C’est un fait. Sable blanc et fin sur des kilomètres, anse large peuplée de bateaux colorés en tout genre : ski nautique, à fond de verre ou décoré de guirlandes pour fêter Noël

Bâteau de Noël

Bâteau de Noël

et herbe sauvage mais rase qui court jusqu’à une dizaine de mètres du bord de l’eau. La partie publique étant vraiment trop bondée on se décale un peu vers le sud dans l’espoir de trouver un coin d’ombre. La, devant un mur de clôture, trois grands parasols solitaires et inoccupés. Installation immédiate. Oh, sans être candide quand même.

Vie de chien

Vie de chien

Le but est d’occuper la place puis de demander son prix à la personne qui va venir encaisser. Justement un gardien en chemise d’un bleu un peu passé arrive. «Vous pouvez pas rester là. Vous êtes de quel hôtel ?» Alors voilà. À part l’étroit créneau surpopulé de la plage publique ce ne sont que résidences strictement privées occupées par des sud-africains. On comprend à son ton dédaigneux que le fait de ne pas parler français ne les rend pas très intéressants pour lui. Apprenant que, venant de Cap Malheureux nous n’avons pas de lopin de plage qui nous soit alloué, pris d’un accès de pitié il nous permet d’étaler nos serviettes sur la propriété en chantier dont il assure le gardiennage. Il y a même de l’ombre.

Promenade sur la plage après le bain : de l’autre côté du créneau public c’est le domaine des resorts étoilés.

plage privée

plage privée

gazon anglais

gazon anglais

Pedalo resort

Hobbie cats et pédalos, tontons macoutes en chemise beige balayant d’un air soupçonneux la limite entre sable et gazon anglais, ça fait un peu de la peine de voir que la main d’œuvre est ici moins chère qu’une cloture. Mais ça fait classe. Resort, c’est un standing.

Finalement on l’a trouvé notre route agréable de bord de mer. De part et d’autre de Grand Baie, ville balnéaire typique avec ses bouchons et son parking à catamarans

grand baie

grand baie

dont le cachet exotique vient, chose surprenante, de la religion.

Temple hindou

Temple hindou

mosquée fanionnée

mosquée fanionnée

Mosquée couverte de fanions et temple hindou aux couleurs surprenantes. Pas vu d’eglise jusqu’à la chapelle du Cap Malheureux. À partir de là on connaît.

D’ailleurs le jour se lève et j’ai craqué, j’ai fini par liquider le Schweppes.

fini d'écrire

fini d’écrire

le soleil se lève

le soleil se lève



À propos de grmin

Comme le H du mot Hawaï, je ne sers à rien Voir tous les articles par grmin

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