Nuit tropicale


Étouffante

Voici en un seul mot comment qualifier cette première nuit.

Clim éteinte pour cause de ronronnement trop bruyant, porte-fenêtre fermée à cause de la pleine lune ou du bruissement des palmes dans la brise nocturne, je tourne en rond dans mon lit ne pouvant supporter l’athmqsphère de ce sauna qu’est devenue la chambre.

Finalement je n’en peux plus. Je pioche une canette au hasard dans le frigo non eclairé, localise à tâtons le décapsuleur, prends pour me couvrir une quelconque pièce de tissu non identifiée sors sur le balcon pour t’écrire.
Fraîcheur, enfin !

Je n’écris que pour toi
Mon vrai supplément d’âme
Qui m’écoute et me damne
Ma nuit est toute à toi

Correctement calé sur un fauteuil plastique enfin confortable, les pieds posés sur une table basse qui semble faite pour ça, les yeux dans le noir j’écris à l’aveuglette. Encore une stratégie d’évitement pour justifier ma mauvaise ecriture.

Je n’ai même pas mis mes lunettes. Il y a juste assez de clarté pour que je sache où reposer ma pointe lorsque je relève mon stylo pour humer la nuit et y capter ta fragrance, ma muse.

À part la bouffée salvatrice d’air frais (enfin, relativement : je suis presque nu et je ne frissonne pas, il doit faire plus chaud que dans un appartement parisien moyen) la chose qui m’a frappée c’est le bruit. Le bruit de la nuit mauricienne

Un bruit dont je ne saurais dire, sans lunettes, s’il s’agit d’une pluie battante et régulière, tropicale, sur les palmes des cocotiers qui entourent le bungalow et qui dans la journée font un écran bienvenu à la ferocité du soleil vertical, ou si ce n’est que le bruit que font les innombrables pointes rigides de ces gigantesques feuilles lorsque, bercées par la brise de la marée montante elles s’entrechoquent à leurs extrémités.

À moins que ça ne soit la mer indienne, vague et indécise qui, remontant sous la lune serait enfin agitée au point de se briser tout contre mes oreilles.

clair de lune sur la plage

clair de lune sur la plage

J’aime le bruit de ma nuit de myope. Le reflet sauvage et indistinct des lumières sur le bras blanc du fauteuil d’en face, l’éclairage du jardin qui joue au travers des racines aeriennes d’un palétuvier au sujet duquel je n’aurai pas la curiosité noctambule de vérifier s’il est vraiment rose, les ombres divergentes des troncs de la forêt de palmiers qui me sépare de la plage, le masque à contre-nuit de la palissade croix de saint-André / rectangles qui hache en noir sur sombre le fouillis vertical de ces troncs élancés.

Le petit coin de ciel bleu que j’apercevais au dernier après-midi s’est mué en un petit coin de ciel nuit. J’ai rechaussé mes lunettes et j’y vois mon étoile qui me fait un clin d’œil et me ravit d’un sourire.

Le ciel est dégagé : ce n’est donc pas la pluie.

impressionnant mais innofensir

impressionnant mais innofensif

À propos de grmin

Comme le H du mot Hawaï, je ne sers à rien Voir tous les articles par grmin

9 responses to “Nuit tropicale

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :