Speed Dating


J’avais découvert cette pub au cinéma, juste avant la projection de «Bienvenue chez les ch’tis». Oui, il restait quelqu’un en France qui n’avait pas encore vu ce film, c’est moi. Peut-être est-elle passée aussi à la télé ? Je ne sais pas, je ne l’ai pas vu car, oui, il se trouve que je n’ai pas non plus la TV. Ni l’ADSL, vous le saviez déjà. Et le dernier gars en France qu’a pas de GSM, c’est moi également. Mais bon, je ne suis pas cro-magnonesque quand même : j’ai l’eau courante, un frigo, et quand je m’éclaire à la bougie, c’est uniquement pour les dîners romantiques entre amoureux, c’est vous dire si c’est rare.

Cette pub, donc. Une séance de speed-dating au cours de laquelle une fille si sublime que l’on se demande bien ce qui la pousse à recourir à de tels expédients doit subir les assauts répétés de rustres incultes faisant escalade dans la surenchère de leur fortune de nouveaux riches. Jusqu’à ce qu’arrive, tel un deus ex machina ce gars à la dégaine de Dutronc tiré du lit par le camion des poubelles sur l’air d’«Il est cinq heures Paris s’éveille», aussi vrai et naturel qu’il est concevable dans une pub pour une voiture, ce qui est quand même d’un niveau largement supérieur à celui de la propagande pour les lessives qui lavent plus blanc que blanc tellement que l’on voit au travers des vêtements. Bref, un gars d’apparence honnête et fragile, quoi. Presque timide. À tel point qu’on se demande, lui, comment il a pu se résoudre à aborder une fille, sans parler du fait de s’inscrire dans une démarche aussi vaine et artificielle que le dating.

Bref, aussi improbable et science-fictive que soit leur présence en ce lieu, ou plutôt en raison même de cette incongruité, ils se reconnaissent et commencent à partir ensemble bras dessus-bras dessous jusqu’au moment où ils constatent que – à la couleur près – ils ont la même voiture : une Renault.
Et c’est là qu’on voit que la pub est un monde formidable : nous vendre une belle histoire d’amour pour nous faire oublier les épaves quotidiennement en panne dans la côte de Vélizy… Si, si, c’est pas du flan. Si vous ne passez pas par le Pont de Sèvres chaque matin, c’est pas grave : il suffit que vous prétiez attention à la marque des voitures à l’arrêt sur le bas côté de votre route. C’est pas être médisant de constater qu’il y a surreprésentation d’une marque française !

Mais bon, j’arrête là, sinon vous allez m’en faire dire du mal. Alors que s’il y a une voiture que je n’aime pas, c’est la Golf. Mais c’est dans un autre blog que je vous dirai peut-être pourquoi.

À propos de grmin

Comme le H du mot Hawaï, je ne sers à rien Voir tous les articles par grmin

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